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n° 1 |
Cinema |
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Novembre 1999 |
Le Vent de la Nuit
Trois solitudes habitent ce film de Philippe Garrel: Hélène, Paul et Serge. Et leur destin sera de se croiser et se rejoindre en des instants plus ou moins ephémères, grâce à la reconnaissance indicible de cette fêlure intérieure, secrète, que chacun porte en soi. Une rutilante Porsche rouge donne son mouvement au film en mêlant dedans et dehors dans ce road movie initiatique entre Naples, Berlin, Paris. De même l'intime rejoint l'histoire à travers le souvenirs de mai 1968 que Serge essaie de transmettre à Paul qui le harcéte de questions. C'est dans l'écart de paroles de ces deux hommes qu'on peut voir combien mai 1968 est autant un mythe qu'une réalité. Le cinéma de Garrel est un cinéma de ressenti, de vibrations, de non-dits, de déchirements indicibles sur la solitude, le poids du temps qui passe et qui laiss sa trace sur les corps, mai aussi dans le têtes où la lucidité s'ajoute à la perte des illusions. Rien n'est dit, ou si peu de mots. Seuls les regards parlent à tue-tête. A ce jeu-là. Catherine Deneuve excelle, interprétant avec des attitudes discrément éperdue, une femme lasse, cassée, hantée par de tourments inexprimables. et Daniel Duval joue à merveille un vétéran de 68, fatigué, revenu de tout, installé dan un ailleurs de solitude intérieure. Il y a fort longtemps que n'a été donné à voir un film aussi émouvant!
Caroline Boudet-Lefort