E-mail n° 1 Cinema
Luglio 1998
Festival de Berlin Festival du Rèel Festival de la Rochelle
di Heike Hurst

 

I° Festival de Berlin (11-12 fèvrier) le film: "Demain et encore demain" de Dominique Cabrera
Dominique Cabrera est la réalisatrice, la scénariste, la camerawoman et parfois aussi l'actrice du film. Elle est sûrement son centre, son inspiratrice et son âme. C'est la reflexion d'une femme sur sa vie,son fils,son ex-mari, la vie avec son amant qui aime aussi d'autres femmes, sa boulimie (elle fait un gros plan de sa tartine trempe e dans l'huile d'olive) ... Elle filme tout: les choses les plus banales comme les choses les plus intimes. Il y a de la peinture dans ce film.La peinture concrète,la photographie d'art qui utilise tantôt le gros trait, le croquis et la caricature. Son travail,tourné avec de la vidéo légère a rencontré un tel écho que Pierre Grise (production, distribution, entr'autre de Rivette) lui a payé une copie 35 mm et a distribué le film.
(Section Forum du Jeune Cinéma)

l'actrice: Virginie Ledoyen dans "Jeanne et le garçon formidable".

Virginie Ledoyen était nominée aux Césars, tellement son travail avait étonné. Elle est une jeune fille, peu cosciente de son charme, elle a la démarche gracieuse et decidée des femmes d'aujourd'hui. Elle va droit devant elle, travaille beaucoup, est rapide et efficace. C'est cela que captait si bien Benoit Jacquot dans "La fille seule". Les auteurs de la comédie musicale "Jeanne et le garçon formidable", Olivier Ducastel et Jacques Martineau ne s'y sont pas trompés. C'est un film sur le sida (AIDS) et on y chante, danse et pleure comme dans les grands films de Jacques Demy, ou l'on parle, tout en chantant de sujets graves comme de la guerre d'Algérie.

II. Cinéma du Réel, Paris (13-22 mars)
Cette xxe édition du Réel (festival documentaire) révélaient plusieurs cinéastes femmes exceptionnelles: Julia Loktev avec "Moments of Impact" raconte la souffrance de sa famille dont elle est la fille unique après un accident qui immobilise son père dans une chaise roulante. Heddy Honigmann suit les lusiciens de toutes nationalités dans le métro parisien, réussit un film cosmopolite et joyeux: "The underground Orchestra". Mais le film bouleversant de ce festival aura été une petite production vidéo autonome d'une grande chef-monteuse Michele Gard"
"Hiver". L'auter du film se sait malade, elle a un cancer, elle en est morte, d'ailleurs, maintenant. Sur la trace de son enfance, des loups qui cernaient son village pendant les longs hivers, elle cré un univers unique, fantastique à partir d'éléments réels: aller à la rencontre de ses racines, vaincre la peur, consulter les vieux livres sur les loups, parler aux anciens dans le village, arpenter les routes sous la neige,dans la glace et la frayeur de la mort à venir.
C'est un film magnifique.

III Le film: "La pomme" de Samira Makhmalbaf
Samira Makhmalbaf a 18 ans, est la fille du cinéaste iranien Mohsen Makhmalbaf. Elle a réussi à partir d'un fait divers sordide, un film réjouissant. Par l'action conjuguée des voisins et de l'assistante sociale, deux jeunes filles de 13 ans, enfermées par un père trop angoissé pour les lacher dans la rue (la vie), car la mère est aveugle, sortent et découvrent rien d'extraordinaire, en soi: des pommes, p.ex., la rue, une voie de chemin de fer, un jeu de marelle, elles entrent dans la ronde.
Mais n'est-ce pas là, l'essentiel? Le film est la victorie de la beauté et de la poésie sur la laideur de l'enfermement.
(Sélection officielle, Un certain Regard).
L'actrice, des actrices primées pour leur travail dans le film de Erick Zonca "La vie révée des anges" Elodie Bouchez et Natacha Régnier.

Il y avait d'autres films remarquables réalisés par des femmes: le 2 longmétrage de Laetitia Masson: "A vendre" avec Sandrine Kiberlain, une plongée dans un enfer d'amour ou tout s'achète.
(Sélection officielle, Un certain Regard). A la Quinzaine, "High Art" de Lisa Cholodenko. Une plongée dans les années 60, la vie de photographes, de femmes qui s'aiment des blessures et des exaltations, film maitrisé des grands thèmes de ces années.

IV. Au 26e Festival de la Rochelle (26/6-6/7) la rétrospective consacrée aux films de Giuseppe Bertolucci a même un peu éclipsé l'intégrale des films de Agnès Varda, car son cinéma hommage à la femme, est un cinéma totalement inconnu en France. Son seul et unique film jamais sorti en France "Oggetti Smarriti" s'appelle en français "Une femme italienne".
Le public, surtout des femmes, étaient bouleversées par ses personnages, que ce soient les sept femmes de "Segreti, segreti", les trois jeunes filles de "Amore in corso", les tribulations de "Strana la vita" ou les 13 rôles jouées par Sabina Guzzanti dans "Troppo sole". Les personnages de Ornella Muti et de Nicoletta Braschi dans "La domenica specialmente" ont particulièrement intrigués les festivaliers qui ont fait des ovations à son auter.
Le public a également apprecié l'homme qui n'a pas peur de proposer à Alida Valli des rôles surprenants (la mère de Roberto Benigni dans "Berlinguer ti voglio bene", la nourrice dans "Segreti, segreti") qu'elle remplit d'une énergie extraordinaire. Et qu'il réunit de très belles actrices dans si peu de films: Mariangela Melato, Lina Sastri, Giulia Boschi, Domiziana Giordano, Amanda Sandrelli, car Lea Massari, Stefania Sandrelli, Rosanna Podestà et Alida Valli sont évidemment connues en France par leur travail avec d'autres réalisateurs italiens.

Sommario