NIKE

  En septembre 1995, Développement et Paix a commencé à distribuer à travers le pays une pétition demandant à Nike une vérification indépendante de son code de conduite. Un peu plus tard, en août, madame Gabrielle Lachance, alors directrice générale, avait addressé une lettre en ce sens au president de Nike, monsieur Phil Knight. Elle lui indiquait aussi que Développement et Paix, grace à son réseau de partenaires dans les pays du Sud, pourrait aider la compagnie à identifier des groupes locaux susceptibles de l'aider à mettre sur pied cette vérification indépendante.
  En octobre, la compagnie a répondu par écrit. Nike expliquait que le mécanisme de vérification actuel de la compagnie répondait à ses besoins. C'était le même genre de lettre qu'avaient déjà reçu des organisations de Grande-Bretagne, de Hollande, d'ltalie, de France et d'autres pays, après avoir communiqué avec la compagnie à propos des conditions de travail dans les usines de ses sous-traitants.
  En novembre, la conférence de presse tenue à Montréal par Développement et Paix pour lancer la campagne a engendré de nombreux reportages à la radio, à la télévision et dans la presse écrite.
  Le premier mai 1996, à l'occasion de la Fête des travailleurs et des travailleuses, Développement et Paix a rendu publics les résultats de cette première année. L'organisation a recueilli plus de 86.000 signatures à travers tout le pays concernant Nike. Quelques jours plus tard, la campagne de Développement et Paix a fait l'objet d'un échange à la Chambre des Communes à Ottawa. La compagnie Nike a accusé réception des signatures au cours de l'été par une lettre qui n'annonçait rien de nouveau.
  En appui aux efforts menés par les membres, le personnel de Développement et Paix a approché un groupe d' investisseur, le ICCR (Interfaith Center on Corporate Responsability), une organisation basée à New York qui controle des investissements de plus de 50 milliards de dollars américains.
  A la demande de Développement et Paix, en mars 1996, la United Methodist Church, qui possède des actions Nike, a accepté de présenter une résolution à la prochaine assemblée des actionnaires de la compagnie, en septembre 1996. La résolution vise l'instauration d'une vérification indépendante du code de conduite.
  Nike compte 15.000 employés. Mais 200.000 personnes à travers le monde fabriquent des chaussures Nike en sous-traitance.


M. Knight Nike Inc.
à l'attention de
Développement et Paix
5633, rue Sherbrooke Est
Montréal (Québec) HIN IA3

  Je suis préoccupé-e du sort des travailleurs qui sont touchés par l'accroissement de la compétition mondiale. Les codes de conduite, s'ils sont respectés, peuvent assurer une meilleure qualité de vie à des travailleurs et travailleuses du monde entier.

  L'an dernier, vous avez reçu un grand nombre de pétitions vous demandant de mettre en place une vérification indépendante qui aurait permis de s'assurer que vos sous-traitants respectent votre code. Vous avez dit "non" à cette demande.

  En tant que consommateur-trice, je crois fermement que les hommes et les femmes qui produisent les biens que je porte devraient être traités de facon juste.
  Je vous demande donc de permettre la vérification indépendante de votre code de conduite afin de faire respecter les droits et ces travailleurs.

Signature:
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Addresse:
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